La cryothérapie, qui peut être axée sur des groupes musculaires spécifiques ou traiter le « corps entier », semble devenir de plus en plus populaire parmi les athlètes et leurs entraîneurs pour soutenir la récupération après l’effort. Mais quels sont les bénéfices concrets ?
- La cryothérapie est populaire pour la récupération sportive.
- Elle réduit la circulation sanguine et l'inflammation, ce qui peut diminuer la douleur.
- Son efficacité est surtout basée sur la perception, avec peu de preuves objectives.
- Elle doit être utilisée avec prudence après une blessure, surtout après 12 heures.
Dans le monde du sport de haute compétition, l’immersion intégrale dans un bain froid, également nommée cryothérapie « corps entier », est une approche prisée pour favoriser la récupération post-performance. Après une course ou un match, qu’ils soient à vélo ou à pied par exemple, ces athlètes n’hésitent pas à se plonger dans une eau refroidie entre 10 et 15°C ou même glaciale.
Leur intention est simple : accélérer l’élimination des microtraumatismes musculaires engendrés par un effort physique soutenu.
L’analyse scientifique reste nuancée…
L’efficacité réelle de cette méthode pour augmenter la vitesse de récupération reste cependant discutée dans les milieux scientifiques. « Ce qui est établi, c’est que les bains de glace réduisent le flux sanguin vers les zones submergées, ce qui atténue les œdèmes (gonflements) » expliquaient en 2023 le Pr Stéphane Perrey et le Dr Marc Julia (Université de Montpellier) lors d’une tribune publiée sur The Conversation.
Pour contrer les douleurs musculaires ou autres courbatures post-exercice intensif, ils avançaient que « il a été suggéré que, du fait de la vasoconstriction des vaisseaux sanguins, les lésions musculaires pourraient avoir une réponse inflammatoire plus faible, avec pour conséquence moins de douleurs musculaires ».
Un effet ressenti plutôt que mesuré ?
Néanmoins, ces données seraient davantage liées à la perception du sportif (notamment en ce qui concerne sa douleur) qu’à des chiffres objectifs comme pourrait l’être le taux sanguin, favorisant un potentiel effet placebo. C’est en tout cas ce que certains travaux semblent indiquer.
Pourtant, il faut noter que bon nombre d’études réalisées à ce sujet se sont concentrés sur les tissus animaux et non humains ! Ceci a été souligné par le chercheur Sébastien Racinais (Université de Montpellier) et son équipe lors d’une revue critique de la littérature scientifique diffusée en 2024 dans le British Journal of Sports Medicine.
Quels conseils peut-on donner ?
D’après ces auteurs, « Dans l’attente des résultats d’études menées chez l’humain », la cryothérapie peut être recommandée durant les six premières heures suivant une blessure afin de diminuer la douleur (voire l’éventuelle formation d’un hématome). Ils ajoutaient cependant : cette technique doit être utilisée prudemment après les 12 heures post-blessure car « certaines études animales suggèrent qu’elle pourrait interférer avec les processus de cicatrisation et de régénération des tissus ».

