AVC : huit questions pour comprendre l’une des principales causes de décès dans le monde

Un adulte sur quatre sera victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) au cours de sa vie. Il existe deux types d’AVC, et un seul signe d’alerte suffit pour appeler immédiatement les secours.

AVC : huit questions pour comprendre l’une des principales causes de décès dans le monde

L’AVC ischémique est provoqué par l’obstruction d’une artère cérébrale. L’AVC hémorragique, qui représente environ 20 % des cas, se caractérise par un saignement dans le cerveau consécutif à la rupture d’un vaisseau sanguin.

Signes et prise en charge

Parmi les signes à reconnaître figurent la déformation du visage, la faiblesse soudaine dans un bras ou une jambe, les difficultés à parler, la perte de la vision d’un œil et les troubles de l’équilibre. Même lorsque les symptômes disparaissent, l’urgence demeure : il s’agit alors d’un accident ischémique transitoire (AIT), qui entraîne un risque particulièrement élevé de survenue d’un AVC dans les heures qui suivent.

Il est essentiel d’agir le plus vite possible, car plus le traitement est précoce, plus les chances de limiter les séquelles sont importantes. Pour un AVC ischémique, deux traitements peuvent être envisagés selon la situation du patient : la thrombolyse, qui vise à dissoudre le caillot à l’aide d’un médicament, et la thrombectomie mécanique, qui consiste à retirer le caillot grâce à un dispositif introduit dans les vaisseaux sanguins. Dans le cas hémorragique, la prise en charge vise à contrôler le saignement. Une intervention chirurgicale peut être envisagée, mais elle n’est pas indiquée dans tous les cas.

Des femmes plus touchées, des enfants aussi

Selon l’Inserm, l’AVC est la première cause de mortalité chez les femmes, avec 17 352 décès en 2024, contre 12 703 décès liés au cancer du sein. Sur quelque 31 000 décès par AVC enregistrés chaque année, 58 % concernent des femmes. Les spécificités hormonales et certains facteurs de risque communs aux deux sexes, dont les effets peuvent être plus marqués chez les femmes, peuvent expliquer cette situation.

Les femmes peuvent aussi présenter des symptômes spécifiques : souffle court, hallucinations, nausées, modification de la personnalité, vertiges et perte de connaissance, crise d’épilepsie.

En France, près des trois quarts des adultes hospitalisés pour un AVC en 2022 avaient 65 ans ou plus, et la moitié avaient plus de 75 ans. Pour autant, un adulte sur quatre victime d’un AVC a moins de 65 ans. Les enfants peuvent également être touchés, avec 500 à 1 000 cas par an. Deux tiers d’entre eux conserveraient des séquelles, qui peuvent parfois se manifester plusieurs années après l’accident.

Prévention et vie après l’AVC

Selon la Société française neurovasculaire, agir sur cinq leviers pourrait réduire de 80 % le risque d’AVC : contrôler sa pression artérielle, adopter une alimentation saine, surveiller son cholestérol, pratiquer une activité physique régulière et arrêter de fumer. Alors que l’hypertension artérielle est le principal facteur de risque d’AVC, seuls 50 % des hypertendus connaissent leur situation, 50 % reçoivent un traitement médicamenteux et 25 % ont une pression artérielle contrôlée.

En 2024,860 500 personnes étaient prises en charge pour des séquelles d’AVC. La récupération peut être longue : retrouver ses capacités motrices constitue souvent un défi, tout comme faire face à la fatigue, aux troubles de la concentration, à l’anxiété ou à l’irritabilité. Une dépression survient dans l’année suivant un AVC chez environ 30 % des patients.

Le suivi après l’hospitalisation reste un point faible. Dans son rapport publié le 29 octobre 2025, la Cour des comptes dénonçait une organisation « mal articulée » et des « défauts de suivi augmentant les risques de récidive ».