On peut aimer une personne sans éprouver pour elle de désir sexuel, selon la sexologue Diane Deswarte, auteure de Sexplorer le désir (Mango Editeur). Pour elle, amour et désir ne recouvrent pas la même réalité, et la confusion entre les deux peut peser sur la vie de couple.
- L'amour et le désir sont deux notions distinctes.
- On peut aimer sans ressentir de désir sexuel.
- Un écart de désir peut créer des tensions, qu'il faut aborder avec tact.
- Une relation sans sexualité peut être épanouissante pour certains couples.
Elle commence par revenir aux définitions. L’amour est, dit-elle, « un sentiment, un attachement envers l’autre, une recherche de liens ». Le désir, lui, « fait davantage référence à quelque chose de sexuel, d’érotique et à de la proximité physique ». Il en découle que « l’on peut très bien être attiré amoureusement par une personne, sans forcément la désirer sexuellement ».
Aimer sans désirer, dans quelles situations ?
Diane Deswarte évoque plusieurs cas de figure. Le premier concerne les personnes asexuelles, une orientation qui « se caractérise par l’absence ou un très faible de désir sexuel ». Elle cite aussi l’existence de « freins trop serrés», en lien notamment avec des violences ou des traumatismes subis, ou encore un stress important. Elle précise à ce sujet que « cet aspect est sans doute davantage constatable chez les femmes mais non pas pour des raisons biologiques mais bien comportementales ».
Le troisième cas touche à la place laissée au désir dans la vie du couple. « L’on pose ainsi la question de l’intimité globale du couple : quelle place pour les câlins, les moments de tendresse… » En filigrane, la question est de savoir si les partenaires partagent toujours des moments à deux.
Un amour sans désir est-il un problème ?
Pour la sexologue, la réponse n’est pas automatique. Elle observe qu’« il existe des couples dans lesquels les partenaires ont carrément admis le fait qu’ils étaient en quelque sorte partenaires, sans qu’il y ait sexualité. Ou très peu ». Dans ce type de relation, cet amour dépourvu de désir ne génère pas nécessairement de souffrance.
Écart de désir : tensions et premiers pas
Des tensions peuvent en revanche apparaître lorsqu’un écart de désir s’installe, d’autant plus dans un couple où le désir a été présent. Le premier conseil de Diane Deswarte tient en quelques mots : « En parler mais… de la bonne façon ». Il s’agit, sans formuler de reproche à l’autre, d’« exprimer comment l’on se sent dans la situation et comment on la vit ».
La seconde étape passe le plus souvent par un thérapeute, psychologue ou sexologue, afin d’en explorer les ressorts. La spécialiste met enfin en garde contre une idée reçue : « il ne convient pas de considérer le désir sexuel pour son partenaire comme le baromètre émotionnel de la relation. C’est un raccourci qui peut faire beaucoup de mal ».

