Les indicateurs Covid remontent en France depuis la rentrée. Santé publique France relève une hausse de 67 % des passages aux urgences chez les adultes sur la semaine du 14 au 20 septembre. Derrière ce pourcentage spectaculaire : 204 passages supplémentaires, et des niveaux qui restent inférieurs à ceux des mêmes semaines les années précédentes.
- Les indicateurs Covid augmentent faiblement en France mais restent inférieurs aux années passées.
- Une hausse en pourcentage ne signifie pas forcément un risque accru, car les niveaux de départ sont bas.
- C'est la grippe qui évolue davantage cette saison, pas le Covid selon les chiffres.
- La campagne de vaccination débutera le 13 octobre et a été modifiée pour élargir la prescription du vaccin.
Ce que disent les chiffres de Santé publique France
Le bulletin du réseau Oscour publié le 23 septembre 2026 couvre la semaine 38, du 14 au 20 septembre. Pour les suspicions de Covid-19, il enregistre une hausse de 67 % chez les adultes et de 16 % chez les enfants. L’agence ajoute immédiatement la précision qui change tout : ces chiffres restent dans des niveaux inférieurs à ceux des années précédentes.
Traduits en nombre de personnes, ces pourcentages pèsent beaucoup moins lourd. La hausse de 67 % correspond à 204 passages supplémentaires aux urgences sur toute la France et sur une semaine. Celle de 16 % chez les enfants, à 25 passages. À titre de comparaison, le même bulletin recense 8 502 passages pédiatriques supplémentaires toutes causes confondues sur la même semaine.
En médecine de ville, la tendance est plus plate encore. Le réseau Sentinelles estime à 9 cas pour 100 000 habitants l’incidence du Covid parmi les consultations pour infection respiratoire aiguë en France hexagonale, un niveau stable d’une semaine sur l’autre. Le réseau SOS Médecins a de son côté enregistré environ 390 actes supplémentaires pour suspicion de Covid, soit une progression de 76 %.
Pourquoi un pourcentage élevé ne dit rien du risque
Le piège est arithmétique. Quand une base de départ est basse, la moindre remontée produit un pourcentage impressionnant. Passer de 300 à 504 passages, c’est +67 %. Passer de 3 000 à 3 200, c’est +7 %, pour un nombre de malades bien supérieur.
C’est exactement la situation actuelle : le Covid circule à un niveau bas depuis le printemps, et la reprise de septembre part de ce plancher. Santé publique France écrit noir sur blanc que les niveaux restent sous ceux des années précédentes à la même période, une formule que la plupart des reprises de l’information laissent de côté.
Le même bulletin signale d’ailleurs une donnée plus notable : la grippe, en hausse de 32 % tous âges, évolue elle à des niveaux légèrement supérieurs à ceux des années précédentes. Autrement dit, sur cette semaine, c’est la grippe qui sort de l’ordinaire, pas le Covid.
La vaccination démarre le 13 octobre
La campagne conjointe contre la grippe et le Covid-19 s’ouvre le 13 octobre 2026 en France hexagonale et aux Antilles, selon le DGS-Urgent diffusé le 22 septembre par la Direction générale de la santé. Mayotte a démarré dès septembre, La Réunion suit le calendrier de l’hémisphère sud.
Deux changements accompagnent cette campagne. Les infirmiers peuvent désormais prescrire et administrer le vaccin Covid aux personnes de 5 ans et plus, et le vaccin grippe aux 11 ans et plus. Pour la grippe, le calendrier vaccinal 2026 recommande de privilégier chez les seniors les vaccins Efluelda, à dose élevée, ou Fluad, adjuvanté.
Reste que la surveillance porte sur des indicateurs de recours aux soins, pas sur un comptage de cas. Ce qui remonte aux urgences ou chez SOS Médecins ne dit rien du nombre réel d’infections, seulement de la part qui conduit à consulter. C’est une tendance, pas un thermomètre.

