Crise de recrutement dans le médico-social : Nexem en appelle au Parlement

Le secteur médico-social en France traverse une crise de recrutement persistante, exacerbée par la pandémie de COVID-19 et qui ne cesse de s’aggraver.

Le 24 janvier dernier, la principale organisation professionnelle du secteur social et médico-social à but non lucratif Nexem interpellait les parlementaires qui s’apprêtait alors à débattre du nouveau projet de loi de financement de la sécurité sociale. Au menu de ses revendications : un soutien financer de la puissance publique à la hauteur des besoins du secteur et un alignement des conditions salariales de ses salariées sur les autres travailleurs du monde de la santé. Car l’heure est grave, les structures peinant à recruter pour répondre aux besoins de plus en plus pressants d’une population française qui se précarise.

Crise de recrutement dans le médico-social : Nexem en appelle au Parlement

En janvier 2022, une étude initiée par la Fehap et Nexem révélait un taux de vacance de postes alarmant de 5% au sein du secteur sanitaire, social et médico-social privé non lucratif. Cette étude, basée sur un échantillon de 407 structures représentant 90.000 salariés, illustrait une tendance inquiétante vers une dégradation de la situation de recrutement. Parallèlement, le rapport Piveteau de février 2022 a souligné une augmentation des démissions et des abandons en cours de formation, mettant en lumière la nécessité d’augmenter l’attractivité des métiers du secteur social.

Les défis sont nombreux mais pas insurmontables, nécessitant des améliorations substantielles en termes de rémunération, de conditions de travail, et de reconnaissance professionnelle. Cette crise de recrutement s’ancre dans un contexte de manque de reconnaissance des métiers d’accompagnement et de soin, qui jouent pourtant un rôle crucial dans la cohésion sociale. L’insuffisance des moyens financiers, la concurrence avec l’attractivité du secteur de la santé et les conditions de travail parfois pénibles, contribuent à la désaffection des candidats potentiels. Les données révélées par Nexem en octobre 2023, lors d’une action de sensibilisation, soulignent l’ampleur du problème : 50 000 postes vacants, avec une prédiction de 200 000 départs à la retraite dans la décennie à venir. Ce déficit de personnel provoque une réduction des capacités d’accueil des établissements, mettant en péril la prise en charge des populations vulnérables.

Pour pallier ces défis, des mesures correctives sont proposées, à court, moyen et long termes. Le rapport Piveteau suggère notamment une transformation inclusive des organisations de travail, une revalorisation salariale et une refonte des formations. De son côté, Nexem plaide pour une meilleure allocation des ressources publiques, soulignant que la pérennité des établissements médico-sociaux et la qualité des services rendus dépendent fortement de l’engagement des pouvoirs publics.

La crise de recrutement dans le secteur médico-social n’est pas un phénomène isolé mais s’inscrit dans une problématique sociétale plus large, celle de la valorisation des métiers du « prendre soin ». L’urgence d’agir est manifeste, car au-delà des chiffres, c’est la qualité de vie de millions de citoyens qui est en jeu. Les acteurs du secteur, soutenus par des initiatives gouvernementales, cherchent des solutions pour renverser la tendance et assurer un avenir serein pour les professions médico-sociales en France.

    • Le secteur médico-social en France fait face à une crise de
      recrutement aggravée par la pandémie de COVID-19.
    • Nexem demande un soutien financier du Parlement pour
      aligner
      les salaires et répondre aux besoins croissants de la
      population
      précarisée.
    • Une étude révèle un taux alarmant de 5% de postes vacants,
      soulignant l'urgence d'améliorer la rémunération, les conditions
      de
      travail et la reconnaissance professionnelle dans le secteur
      médico-social.
    • Des mesures correctives à court, moyen et long termes sont
      proposées pour résoudre cette crise et garantir la qualité des
      services rendus par les établissements médico-sociaux.
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