La grippe A(H1N1) ne semble pas avoir une sévérité beaucoup plus importante que celle de la grippe saisonnière. Cependant, ce virus est beaucoup plus contagieux que celui de la grippe saisonnière et le nombre de décès et de formes graves, en l’absence d’intervention, risque d’être très élevé car un nombre important de personnes seront touchées. La stabilisation de l’épidémie observée aujourd’hui peut être liée aux conditions météorologiques favorables.

Les experts estiment néanmoins qu’il est probable que nous connaissions un pic épidémique beaucoup plus important à la fin de l’automne ou à l’hiver.

De plus, l’organisation mondiale de la santé a indiqué qu’une proportion importante des décès attribués au virus A(H1N1) survenait chez des adultes jeunes et sans facteur de risque. Même sans parler de forme grave, les personnes qui ont déjà eu la grippe savent que c’est une maladie sérieuse qui provoque une très forte fièvre et une grande fatigue qui peut persister plusieurs semaines.

Enfin, un grand nombre de cas aurait d’importantes conséquences sur la vie sociale et économique du pays par l’absentéisme qu’il engendrerait, désorganisant en particulier les grands services publics dont l’hôpital.

La vaccination est le meilleur moyen de prévention. C’est le moyen le plus sûr de se protéger, mais c’est aussi un l’un des moyens de protéger les autres. _ En effet, se protéger, c’est éviter de prendre le risque de contaminer son entourage. De plus, certaines personnes à risque ne pourront peut-être pas bénéficier de la vaccination.

C’est particulièrement le cas des enfants de moins de 6 mois. En se faisant vacciner, leurs proches permettront de contribuer à leur protection. Pour cette raison, le gouvernement a décidé de proposer la vaccination à toutes les personnes qui le souhaitent.

Quelle est la liste des personnes invitées à se faire vaccination en priorité ?

Dès l’émergence de la menace constituée par le nouveau virus grippal A(H1N1), le gouvernement s’est organisé pour proposer la vaccination à tous ceux qui le souhaiteraient. Les vaccins contre le virus A(H1N1) sont livrés au fur et à mesure de leur production par les laboratoires pharmaceutiques. Du fait d’une très forte demande mondiale et des contraintes inhérentes à la fabrication d’un produit de santé, ces livraisons seront progressives. En conséquence, la vaccination se fera également de manière progressive.

Pour cette raison, le Haut conseil de la santé publique a été saisi par la ministre de la santé et des sports afin qu’il propose l’ordre dans lequel les populations devaient être invitées à être vaccinées.

Un avis a été rendu en septembre et est régulièrement actualisé depuis, du fait de l’évolution de la situation épidémiologique et des données relatives aux vaccins. L’ordre de priorité reste stable. Les personnes les plus exposées et les personnes les plus fragiles seront vaccinées en priorité, à commencer par les professionnels de santé exposés au risque.

Cette liste a été arrêtée par le Premier ministre sur proposition de la ministre de la santé et des sports. La campagne de vaccination commence ce 20 octobre en établissement de santé.

Elle sera élargie au reste de la population après les vacances de la Toussaint. Les enfants d’âge scolaire seront, en règle générale, vaccinés en milieu scolaire.

Quelle est la stratégie de vaccination pour les femmes enceintes ?

A l’heure actuelle, la France bénéficie d’un répit épidémiologique. Le virus circule, mais l’épidémie marque le pas. A l’arrivée des premières doses de vaccin, le Haut conseil de la santé publique a, comme prévu, actualisé son avis concernant la vaccination, en tenant compte de ce contexte épidémiologique. Il considère aujourd’hui que nous pouvons attendre l’arrivée des vaccins sans adjuvant pour proposer aux femmes enceintes d’être vaccinées. Cette position pourrait bien sur évoluer très rapidement si la situation épidémiologique l’exigeait ou si un retard dans la possibilité d’utiliser les vaccins de Sanofi (sans adjuvant) était annoncé.

Dans le cas où un médecin considérerait qu’une femme enceinte présente un risque particulier, cette dernière pourrait bien entendu être vaccinée dès le lancement de la campagne, vers le début du mois de novembre. Cette préférence pour des vaccins sans adjuvant est une précaution, car nous manquons à ce jour d’études ciblées sur les vaccins avec adjuvant chez les femmes enceintes. Cette position très spécifique s’explique par la difficulté de mener des études sur cette population.

Les vaccins adjuvés ont par ailleurs, fait l’objet d’essais cliniques importants sur la population en générale dans le cadre de la préparation à une pandémie. Ces essais se sont étalés sur plusieurs années (de 2005 à 2008). Ce processus est conforme à celui conduit dans le cadre du développement de nouveaux vaccins. En ce qui concerne les professionnels de santé enceintes, la même position est retenue.

Quelle vaccination pour les personnes âgées et des personnes handicapées ?

La surveillance épidémiologique depuis l’émergence de la grippe A(H1N1) a montré que les personnes âgées semblent moins affectées par la grippe à virus A(H1N1) que le reste de la population.

Certaines d’entre elles pourraient même bénéficier d’une mémoire immunitaire résiduelle (elles auraient pu rencontrer un virus semblable circulant avant la pandémie de 1957). Toutefois, les personnes âgées et les personnes handicapées peuvent présenter des facteurs de risque spécifiques qui ne sont pas liés à leur âge. Les personnes âgées ou handicapées peuvent donc être prioritaires pour la vaccination quand elles font partie, du fait d’une maladie chronique sous jacente (diabète, asthme…), d’un groupe à risque. Dans le cas contraire, elles sont appelées à la vaccination au même titre que le reste de la population générale.

La vaccination se fera :

  • pour les établissements hébergeant des personnes âgées et/ou des personnes handicapées, au sein de ces établissements. L’objectif, en sus d’une protection individuelle, est d’obtenir une immunité de groupe. La vaccination sera réalisée par le personnel médical et paramédical de l’établissement auquel pourra être adjoint une équipe mobile ;
  • pour les personnes mobiles, en centre de vaccination ;
  • pour les personnes à mobilité réduite, à domicile, par une équipe mobile.

Quelle vaccination pour les personnes détenues ?

La vaccination des personnes détenues sera réalisée au sein des centres pénitentiaires. Elle sera organisée par l’unité de consultation et de soins ambulatoires qui est adossée à un établissement de santé et avec l’aide de celui-ci et de son équipe de vaccination dédiée.

Sauf facteur de risque associé, la vaccination des personnes détenues débutera en même temps que celle de la population générale._

Quelle vaccination pour les sans domicile fixe (SDF) ?

L’accès aux soins de cette population doit être spécifique. Les SDF ne pourront recevoir directement le bon CNAM les invitant à la vaccination. Le ministère de la santé travaille en étroite concertation avec le secrétariat d’Etat chargé du logement et les associations non gouvernementales qui prennent en charge la santé de ces populations sur un dispositif spécifique, souple et mobile, permettant une vaccination en dehors des circuits habituels tout en respectant les contraintes en matière de sécurité vaccinale.

Comment les Français qui résident à l’étranger seront-ils vaccinés ?

Le gouvernement souhaite proposer un accès à la vaccination pour les Français résidant à l’étranger. S’agissant des Français résidant au sein de l’Union européenne, l’accès à la vaccination pourra se faire en même temps que la population de leur pays de résidence. Pour les résidents d’autres pays, le ministère des affaires étrangères étudie les différentes possibilités en veillant à respecter les contraintes réglementaires en particulier en matière d’exportation et d’importation de produits pharmaceutiques.

source : Dossier de presse : Ministère de la Santé