Pour cette nouvelle étude 3421 femmes (dont 3005 avaient une activité professionnelle) ont été suivies dès le premier trimestre de leur grossesse par des gynécologues et des échographistes libéraux. Le but : évaluer les conséquences des expositions aux solvants sur le déroulement de la grossesse, son issue et sur le développement psychomoteur de l'enfant.

Ces femmes ont été recrutées dans lecadre la cohorte Pélagie (Perturbateurs endocriniens : étude longitudinale sur les anomalies de la grossesse, l’infertilité et l’enfance).

Verdict : le risque de malformations congénitales chez l’enfant, suite à l’exposition professionnelle régulière de leur mère aux solvants, est multiplié par 2,5 par rapport à des femmes non exposées. A noter l'intégralité des résultats ont été publiés dans la revue "Occupational and Environnemental Medicine".

Les métiers les plus exposés sont bien sûr ceux du secteur de la santé (infirmières, aides soignantes, personnel de laboratoires), du secteur de l’entretien (femmes de ménage), mais aussi ceux du secteur de la coiffure et de l'esthétique.

Les résultats de l’étude menée par les chercheurs de l’Inserm montrent que chez ces femmes (plus exposées que les autres) le risque de donner naissance à un enfant présentant une malformation congénitale environ 2.5 fois plus élevé par rapport à des femmes non exposées

Parmi les malformations les plus fréquentes : fentes orales (becs de lièvre), malformations du rein et des voies urinaires, malformations génitales du garçon.

Aujourd'hui les auteurs conseillent de réaliser une évaluation du risque de développement anormal de l’embryon auprès de la médecine du travail dès le début de de grossesse pour les femmes exposées aux solvants. Dans certaines situations, ils préconisent même un changement de poste.

''Source : Maternal occupational exposure to solvents and congenital malformations: a prospective study in the general population
R Garlantézec, C Monfort, F Rouget and S Cordier
Inserm U62''